Voici sur la carte le trajet effectué au cours de ce 4ème volet :

Ouarzazate à Tata

Nous arrivons à Ouarzazate le 28 novembre en soirée et dès le lendemain, nous partons à la découverte de cette ville où le ton est donné dès l'entrée sur le premier rond-point traversé comme vous pouvez en juger sur le montage ci-dessous ; nous sommes allés visiter les studios ATLAS où ont été tournés entre autres : Obélix et Astérix, mission Cléôpatre - Alexandre - Kundun - The hills have eyes - Kingdom of Heaven - Gladiator - Patton - Spay Game - Lawrence d'Arabie - Ben Hur - Jésus de Nazareth - Indigènes pour ne citer qu'eux.

Introduction ciné

 

"Quoi ? choqué Ce ne sont pas des vraies voitures qui explosent dans les films ?" Alors là, je suis déçue, déçue, déçue !

Tout en plâtre

Et je peux vous assurer que même le nez sur les murs, on croirait qu'ils sont vrais. Il faut vraiment toucher et tapoter pour réaliser que, oui, c'est du plâtre, voire du carton...

Face et pile

Ca, c'est le côté le plus surprenant à mon avis ; dès qu'on passe le seuil d'une porte, la magie s'arrête ! C'est... déstabilisant.

Trucage 1

Trucage 2Ben mince alors, moi qui croyais que de vrais galériens ramaient en cadence sur la vraie mer ! Déception one more time...

Ouarzazate compte trois studios de cinéma, nous sommes passés devant les studios ECLA mais ne les avons pas visités. Pour en savoir plus sur cette ville et le cinéma, c'est ICI.

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Après la pause-déjeuner de midi, nous sommes restés dans le monde du cinéma en allant visiter le Musée du Cinéma de Ouarzazate.

Musée cinéma

 

Nous étions quasiment les seuls visiteurs et Gaston ayant complaisamment accepté de se prêter au jeu, nous nous sommes un peu amusés...

Gaston pharaon

Gaston prisonnier

Gaston roi

Gaston scenariste

Gaston cinéaste

 

Après cette visite, une petite balade dans les nombreux magasins tous proches, 

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et dans l'un de ceux-ci, nous assisterons à une altercation en arabe assez musclée entre deux marchands, l'un des deux étant venus nous démarcher jusque dans le magasin du 1er qui n'a pas, mais alors pas du tout, apprécié le procédé ! Nous avons beau ne parler ni l'un ni l'autre l'arabe, je vous assure que là, on aurait presque pu traduire... Du coup nous quitterons discrêtement les lieux pour "tomber" dans les filets d'un troisième qui nous entraînera dans sa boutique et là, énorme surprise : ces magasins qui paraissent si petits par leur devanture sont en fait de véritables labyrinthes et nous n'en finirons plus d'aller de pièce en alcôve et de coin en recoin dans celui-ci, qui compte jusqu'à 6 petites pièces communicantes sans parler de celles de l'étage où, en dépit des invitations répétées du vendeur, nous n'irons pas. 

Et juste une précision à propos des vendeurs ; ils sont omni-présents, très sollicitants mais jamais insistants : si vous refusez gentiment, "la, la, choukran", ils respectent votre décision. Jamais nous n'avons eu à faire face à des marchands "collants". Ils proposent, c'est leur job ; à vous d'accepter ou non de les suivre. Nous sommes entrés bien des fois dans des boutiques pour ressortir sans achat sans que cela pose souci. Nous découvrirons dès le lendemain que certains usent de procédés quelque peu limite pour amener les clients jusqu'à leur boutique...

Pour l'heure, et comme à mon habitude, je tombe en arrêt devant des tapis superbes parmi lesquels le noir du milieu n'est pas sans me rappeler un ouvrage bien connu de toutes les passionnées de patchwork : le Dear Jane ; l'assemblage de carrés centraux y est pour beaucoup, j'imagine.

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Bon là, en voyant l'ouvrage original de la créatrice, c'est pas évident... mais ci-dessous, à partir d'une version plus récente très colorée, hein ????

dearjane

Et avec un agrandissement des carrés du tapis ? Ca ressemble, non ?

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Le lendemain matin, nous repartons direction Agdz (prononcez Agdez ou Agdiz) par l'une des routes les plus touristiques du Maroc, qui suit la vallée du Draa, l'un des fleuves les plus longs du pays qui a la particularité de disparaître pendant 750 km dans les sables du désert avant de se jeter dans l'Atlantique !

Au départ de Ouarzazate, le paysage est celui-ci : un désert de pierrailles et de hautes montagnes sombres. 

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C'est dans cet environnement inhospitalier au possible que nous apercevons un véhicule garé sur le bas-côté et deux hommes faisant signe de s'arrêter. Gaston obtempère et le plus jeune nous explique qu'ils sont en panne, que la famille qui habite Adgz va s'inquiéter et que nous serions vraiment très gentils de bien vouloir leur déposer un mot expliquant qu'ils sont en panne et pas accidentés, histoire de rassurer quoi ! Gaston propose son téléphone portable pour qu'ils puissent rassurer directement la famille... mais le jeune homme explique qu'il n'y a pas le téléphone dans la maison. Nous ne réalisons pas tout de suite l'incongruité de cette déclaration, parce que franchement tout le monde a le téléphone au Maroc ou peu s'en faut. Comme je le disais dans un post précédent, même les nomades ont un téléphone portable et souvent le panneau solaire qui va avec pour le recharger, c'est dire ! 

Bref ! C'est difficile de refuser notre aide dans ces circonstances ; le jeune homme rédige donc un petit mot en arabe, enfin en berbère, qu'il nous remet et nous reprenons la route vers Adgz munis des explications pour trouver la maison familiale. Juste avant que nous ne démarrions, le jeune homme nous explique que si nous voyons plus loin sur la route un homme seul qui fait du stop, il ne faut surtout pas s'arrêter et le prendre avec nous... Nous ne comprenons pas grand chose à ses explications, nous repartons.

Et moins d'un kilomètre plus loin, sur la route, un homme fait du stop ! Enfin... fait du stop si on peut dire. Il est au beau milieu de la route, agite les bras et force est de s'arrêter. Gaston baisse sa vitre et l'homme explique qu'il doit aller à Adgz voir sa famille, demande si nous pouvons l'emmener... 

Gaston lui demande d'où il arrive comme ça en plein désert ? Il répond qu'il est allé voir des cousins berbères qui habitent plus loin, par là... indique-t-il d'un geste évasif vers la pierraille alentour.

Finalement Gaston accepte de l'emmener. Peut-on décemment laisser un homme seul sans véhicule, sans eau, au milieu de cet endroit ????

D'autant qu'Hassan se révèle charmant, nous donnant moult explications sur la région que nous traversons, nous discutons agréablement avec lui. Enfin Gaston discute, moi je suis plutôt silencieuse ce qui pourrait étonner ceux qui me connaissent bien mais là, allez savoir pourquoi, j'ai comme une appréhension...

Au bout d'un moment Hassan nous demande si nous avons vu deux hommes en panne avec une voiture...

Gaston répond que oui.

Hassan s'inquiète de savoir s'ils nous ont remis un mot pour une soi-disant famille pour avertir d'une panne de voiture...

Silence dans Kiki2 ! Ce n'est plus de l'appréhension que je ressens mais une bonne vieille angoisse qui monte.

Hassan précise qu'ils ne sont pas en panne, qu'ils ont menti, qu'il ne faut pas aller dans leur famille donner le mot en question parce que ce sont des bandits, des trafiquants de drogue et qu'on risque d'avoir de gros ennuis... qu'ils sont dangeureux...

Silence encore plus pesant dans Kiki2 ! L'angoisse laisse place à mon imagination débordante - qui s'empresse de démarrer à bride abattue, ça va sans dire ! - et j'ai comme des flashes de Midnight express, des relents d'histoires d'emprisonnement pour trafic à l'insu de leur plein gré de touristes trop naïfs qui me viennent en tête... 

Hassan demande carrément : "Vous avez pris le mot ?"

Gaston répond par l'affirmative, Hassan demande à le voir, le lit et... le déchire en tous petits bouts qu'il met dans sa poche. Ensuite il nous affirme qu'il nous a sinon sauvé la vie, du moins évité de gros gros ennuis. 

Puis la conversation sur la région, la vie, les habitudes du pays reprend et après une bonne quarantaine de km nous arrivons à Adgz où Hassan nous invite à prendre le thé à la menthe chez lui pour nous remercier de notre obligeance. Nous tentons d'esquiver poliment parce que, du coup, nous ne sommes plus sûrs de rien, ni de personne mais il insiste gentiment à tel point que ça deviendrait offensant de refuser, donc nous le suivons.

Nous entrons chez lui par l'une de ces petites portes metalliques ouvragées que nous trouvons fort jolies (et qui sont la plupart du temps réalisées dans des ateliers de plein-air au bord de la route un peu partout au Maroc)

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non sans remarquer que l'habitation jouxte un magasin berbère. 

Magasin d'Hassan Adgz

 

Et de fait nous comprendrons très vite que tout ceci, la panne de voiture des deux premiers hommes et l'autostop d'Hassan, ne sont que des ruses grossières pour "piéger" les touristes (camping-caristes surtout car identifiables on ne peut plus facilement !) et les amener tout rôtis dans le bec des marchands ! Dire pis que pendre sur les concurrents fait partie du jeu pour les empêcher de tomber dans d'autres filets que les siens.

Hassan nous présente ses cousins - dont nous ne saurons jamais s'ils sont vraiment ses cousins d'ailleurs... - et nous fait visiter la maison pendant que ces derniers préparent le thé à notre intention (traduction : demandent à l'une des femmes de la maison - que nous ne verrons jamais autrement que par le pan d'un voile qui disparait promptement à notre approche - de préparer le thé).

La maison se révèle immense, un guide nous a dit un jour que le Maroc gardait ses "richesses à l'abri des regards" et nous avons souvent été surpris par la beauté d'un intérieur dont l'aspect extérieur de la maison ne laissait absolument rien soupçonner ! Pour l'heure nous empruntons l'escalier à la suite d'Hassan qui nous guide jusqu'à la terrasse sur le toit...

Boutique escalier Hassan

A titre indicatif, le lustre mesure plus d'un mètre de haut, ça vous donne une idée de la taille de la cage d'escalier ! Arrivée tout en haut, nous découvrons la terrasse et le panorama sur la ville... Dans la rue, notre Kiki2 baroudeur toujours bien identifiable. Notre hôte nous explique que la médina sert souvent de décors naturels pour des films tournés dans les studios de Ouarzazate.

 

Boutique terrasse Hassan

 

Quand nous redescendons, Hassan nous fait visiter l'étage où se trouvent les ateliers et où sont tissés les tapis vendus au rez-de-chaussée,

Boutique Hassan

Ses cousins nous servent le thé et nous font l'article (tapis, bijoux, artisanats divers et variés), la maison est une vraie caverne d'Ali Baba et regorge de marchandises... Nous boirons trois verres de thé - il est impoli de refuser avant le 3ème verre ! - avant de pouvoir repartir, sans rien acheter.

Boutique thé Hassan

 

J'avoue qu'il y avait de belles choses dans ce magasin berbère mais j'étais encore sous l'angoisse latente ressentie pendant le voyage et puis nous étions assez contrariés du procédé utilisé pour nous amener jusque là, donc pas d'achat ! Cela a été une expérience particulière... dirons-nous.

Gaston disait la veille même : "On n'a encore jamais pris d'auto-stoppeur..." car le fait est que c'est pratique courante au Maroc. C'est donc chose faite et à priori, ça ne sera pas renouvelé !

Notre but initial était de découvrir la vallée du Draa, nous reprenons donc notre route et effectivement, c'est magnifique...  Stop aux blablas, place aux photos !

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C'est devant la vue ci-dessous que nous prendrons notre déjeuner, elle est pas belle la vie ?

 

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Le village est assez éloigné mais quelques gamins nous ont vu passer et nous ont suivi à vélo. Gaston sort discuter avec eux et offre une tournée générale de stylos. Ils repartent ravis.

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Nous reviendrons sur Agdz pour passer la nuit et repartir le lendemain vers notre prochaine destination : Tata. Comme toujours, nous croisons ou dépassons quelques véhicules "hautement" chargés, ça m'étonne toujours autant :

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Nous 

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Tout comme chez nous, le Maroc a son lot de mauvais conducteurs pour qui les règles ne s'appliquent pas !

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Et le 1er décembre, nous partons vers Tata. Les premiers kilomètres se font sur une route parfaitement goudronnée et Gaston se réjouit de la qualité du revêtement.

Las, il aurait du se taire parce que 30 kms plus tard, la route s'avère très sérieusement dégradée, elle est d'ailleurs en préparation pour réfection mais dans l'immédiat, Kiki2 fait du gymkhana entre les nids de poule, voire d'autruche...

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Le compteur ne dépassera pas les 20-25 km/heure sur la quarantaine de kilomètres qui suivront... Cela me permet de profiter du paysage qui est somptueux ; pour Gaston, c'est plus difficle d'autant que malgré la très faible vitesse, la conduite requiert toute son attention.

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Nous ne voyons plus le bout de cette quasi-piste...

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Et au détour d'un virage, encore, alors que nous roulons au milieu de nulle part, en pleine pierraille...

Mines de cobalt Bou-Azzer

 

Ne sachant ce que pouvait être ce lieu, nous avons demandé à un jeune homme qui se trouvait au bord de la route et il nous a bien gentiment renseigné. Aussitôt les mines dépassées, c'est à nouveau un no-man's land pierreux émaillé ici et là de fermes d'où les gamins courent vers la route en voyant le camping-car approcher. Nous essaierons de parler avec eux mais ils ne comprennent pas le français ou si peu... On a peine à croire qu'on puisse vivre ici, il n'y a... rien ! Le quotidien doit être extrêmement difficile. Une fois encore, je me sens terriblement privilégiée dans kiki2 avec son eau courante, son chauffe-eau, son cabinet de toilette avec douche, le frigo, toussa toussa...

Ici l'environnement est si peu accueillant que les canalisations d'eau ne sont pas enterrées mais courent le long des bas-côtés, aucun risque de gel de toute façon ! Les températures atteignent 50° à 55°C au plus fort de l'été.

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 Nous rattrapons enfin une route, sinon en bon état, tout au moins correcte et reprenons notre vitesse de croisière, 70-80 km/h. Le spectacle est partout autour de nous, avec ces montagnes de roche noire, au délicat plissé...

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Nous passerons cet oued à gué car le pont a été totalement détruit lors de précédentes crues ; ce qui en reste permet de juger de la violence des eaux lors de celles-ci ; ça paraît bien difficile à croire quand on voit ce lit de cailloux mais ces larges oueds complètement à sec se transforment bel et bien en rivières tumultueuses lors de pluies torrentielles.

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Sur le cliché ci-dessous, vous pouvez voir un terrain de foot au milieu des cailloux ; il est vide du fait de l'heure (il est à peu près midi) mais sinon tous les gamins du coin s'y retrouvent pour des parties très prisées. Le foot reste le sport national. Par contre, l'été au plus fort de la chaleur, ce doit être une véritable fournaise !

 

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C'est dans ce décor que nous ferons notre pause-déjeuner ; pour ce qui est de la couleur, y'a pas à dire : Kiki2 est totalement raccord !

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Et c'est reparti pour les derniers kilomètres qui nous séparent de Tata.

 

 

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Et puis d'un coup, toujours au détour...clin d'oeil ... vouiiiiiiiiiiiiiii   mdr se tient la tête et rigolant d'un virage, une tâche de verdure  presque incongrue. 

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Kilomètre après kilomètre, le relief se modifie, le sable commence à refaire son apparition...

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et les panneaux rappellent à la prudence lors du stationnement.

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Parfois nous nous interrogeons sérieusement sur le pourquoi du relief de certains paysages... comme ci-dessous :

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Nous pensons qu'il s'agit là du résultat du passage des eaux d'un oued, eaux qui ont littéralement creusé, dévoré le sol pour y passer en force... créant ce décor étonnant.

 

Et enfin Tata ! Après ces heures de route difficiles, c'est avec plaisir que nous nous installons au camping et là encore, nous bénéficions depuis la cabine de kiki2 d'une vue sans pareille...

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Vous en voulez encore ???

OK, je prépare la suite mdr sourire grand carré