Pretty Woman et ceux qui sont partis...
Nous avons tous dans le coeur le souvenir plus ou moins vivace, plus ou moins puissant, plus ou moins douloureux de ceux que nous avons rencontrés, connus, aimés et qui sont partis vers un ailleurs, une autre dimension, un au-delà que pour ma part j'espère meilleur et plein de promesses...
Je l'ai déjà dit sur ce blog, mes grand-mères Julia
et Marcelle
ont tenu un rôle très important dans ma vie et leur mort il y a un quart de siècle pour l'une et une poignée d'années pour l'autre n'a pas interrompu ce lien que je ressens encore entre elles et moi ; elles vivent ailleurs et moi ici, l'amour que nous éprouvions les unes pour les autres est toujours aussi puissant.
En sus de ces deux femmes d'exception il est une autre vieille dame qui n'était point de ma famille par le sang mais l'était assurément par le coeur ; aujourd'hui, 14 juillet, aurait dû être son anniversaire mais elle est partie très brutalement l'été dernier, en plein mois d'août, en plein soleil.. La veille, nous blaguions encore ensemble et je peux vous assurer que la partie de rire que nous avons eue ce jour-là reste un merveilleux souvenir...
Je pense à elle plus encore aujourd'hui date anniversaire de sa naissance parce qu'elle me manque, son rire et ses plaisanteries me manquent, son entrain et son sourire me manquent ; je me souviens de mon arrivée au club de patchwork, petite nouvelle ne connaissant personne ; ce jour-là, j'ai rencontré tout un groupe de patcheuses fort sympathiques mais deux d'entre elles, la mère et la fille, sont littéralement entrées dans ma vie : deux amies d'un coup... ça n'est pas banal ! Claudette était notre doyenne au club de patchwork et son bloc préféré était l'assiette de Dresde ; lors de notre jeu intra-club "bloc du mois", c'est ce motif qu'elle nous avait demandé avec pour seule consigne d'éviter le bleu qu'elle abhorrait. Sa mort a laissé son ouvrage inachevé et sa fille a décidé de le terminer ; alors nous sommes quelqu'unes qui lui donnons l'aiguille et l'aidons à mener à bien ce patchwork qui sera à coup sûr magnifique et sans aucun doute l'une des pièces maîtresses, par son implication affective, de notre prochaine expo dans deux ans.
Voici les blocs auxquels j'ai contribué
Et que ce post ne vous paraisse pas morbide ou triste... il ne l'est pas ! Ceux qui me connaissent savent que je n'engendre pas (en général...!) la morosité et que j'aime rire et plaisanter ; j'aborde ici un domaine très particulier de ma vie "spirituelle" (c'est un bien grand mot...) et un sujet peu fréquent dans les conversations parce que parler de la mort des autres c'est aussi envisager la nôtre... et c'est dérangeant.
Ceux et celles que j'ai connus et ne sont plus n'ont jamais quitté mon quotidien ; ils sont comme une autre famille qui vivrait très loin et que je ne peux aller visiter avant une date dont j'ignore tout mais j'ai cette certitude inébranlabre que je les retrouverai tous un jour et qu'ils veillent sur moi, me surveillent même parfois... m'envoyant de temps à autre de ces petits signes anodins qui pourraient passer inaperçus pour beaucoup et qui sont autant de messages d'amour, d'attention qu'ils m'envoient ; parfois, même, avouons-le, ces messages sont autant de rappel à l'ordre m'indiquant avec humour, sagesse voire sévérité que le chemin que j'ai pris n'est pas le bon !
Je suis très chanceuse : je n'ai pas UN ange gardien
, j'en ai............................ plein ! et ce lien d'affection, d'amour entre eux et moi est une force inépuisable dans laquelle je me ressource quotidiennement pour essayer de donner chaque jour le meilleur de moi-même à ceux qui partagent ma vie de près ou de loin.
Voui, voui... j'avoue ! je donne aussi parfois, de temps à autre, le moins bon de moi-même
! MAIS :
que celui qui n'a jamais râlé, bougonné, pesté, hurlé, juré, envoyé bouler un indésirable...
que celui qui n'a jamais jeté l'éponge, baissé les bras, cessé de se battre...
que celui qui n'a jamais perdu son calme, hurlé sa colère, tapé du poing sur la table...
que celui qui n'a jamais été de mauvaise foi, ni hypocrite, ni hâbleur, ni... que sais-je encore,
que celui-là me jette la première pierre parce qu'il faut bien le dire, tous autant qu'on est, "on n'est pas des anges !" mais on ne désespère pas d'y arriver 

